Pour Danone, la saga chinoise continue
Déjà engagé dans une querelle
interminable avec son partenaire historique en Chine, le groupe français Danone
a décidé de mettre fin à sa coopération avec un autre grand de l'alimentaire
chinois, spécialiste des produits laitiers.
Danone, qui a réalisé en 2006 près
du dixième de son chiffre d'affaires total en Chine, a annoncé lundi qu'il
allait céder sa participation de quelque 20% dans Shanghai Bright Dairy, l'un
des grands fabricants chinois de produits laitiers, qui réalise plusieurs
centaines de millions d'euros de chiffre d'affaires par an.
Selon un communiqué du groupe de
Shanghai diffusé mardi, ses deux principaux actionnaires, Shanghai Milk Group
et SI Food Products Holdings vont débourser au total près de 90 millions
d'euros pour racheter les actions Danone, à parts égales, et porter leur
participation respective à quelque 35,18%.
La fin de la coopération
impliquant aussi que Danone récupère sa marque, le groupe français versera par
ailleurs un dédit à Shanghai Bright Dairy pour lui en retirer la licence.
Bright Dairy a précisé qu'il
recevrait une compensation de 330 millions de yuans (près de 31 millions
d'euros) de Danone.
Danone a d'autres partenaires en
Chine, comme les deux plus récents, les jus de fruits Hui Yuan et le géant du
lait China Mengniu, avec lesquels il a conclu des accords l'an dernier, prenant
quelque 22% du premier en juillet avant de créer, en décembre, une coentreprise
avec le second.
Mais il se retrouve engagé dans
une amère bataille avec l'un de ces partenaires, le principal et l'historique,
Zong Qinghou, fondateur du numéro un chinois de la boisson, Wahaha.
Après onze ans de collaboration,
le groupe de Franck Riboud et le patron de Wahaha se sont écharpés pendant
plusieurs mois sur la place publique avant de recourir à des procédures
judiciaires et autres demandes d'arbitrage, toujours en cours.
Danone reproche à M. Zong d'avoir
créé 20 compagnies indépendantes vendant exactement les mêmes marchandises que
celles vendues par leurs coentreprises, passées de cinq au début de leur collaboration
en 1996, à 39 en une décennie.
Le groupe français, qui détient
51% dans ces 39 coentreprises, a réclamé la même présence dans les compagnies
indépendantes, mais Zong Qinghou a opposé une fin de non recevoir.
Puis le roi chinois de la boisson a
accusé le groupe français de vouloir absorber des sociétés lui appartenant,
jouant sur la corde du patriotisme économique.
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